Chapitre 1
Le printemps arrivait et avec lui la douceur des premiers rayons de soleils. On en comptait quatre dans le ciel de Naëco, tous de tailles et de couleurs différentes. Le plus petit était bleu, c'était le soleil d'hiver. Il n'est pas très puissant mais il évite les gelées sans faire fondre la neige, mais surtout il répand une lumière magnifique sur tout le pays. Ses rayons bleutés roulent sur la neiges et la glace et répand partout une impression de vivre sous l'océan ! Viennent ensuite les soleils jumeaux ! Printemps et Automne. Ils ne chauffent pas en même temps bien sûr mais se ressemblent énormément ! Pourtant, quand nous les observons bien, on remarque que Printemps est un peu plus grand que son jumeau et nettement plus jaune!!! Enfin vient l'énorme soleil d'été ! Il a la particularité de changé de couleur selon l'heure de la journée. Ainsi le matin, il se vêtit de sa parure jaune pâle pour réveiller Naëco en douceur ; plus tard il devient brûlant et éblouissant en se parant d'or et ensuite il se couche dans une belle robe rouge.
Woan regardait ce beau spectacle. Aujourd'hui était le jour où le soleil d'hiver donnait les clés du ciel au soleil du printemps. Pendant une seconde leur couleur se mélangeait, comme lorsque la lune éclipse notre soleil, et un rayon vert venait frapper le sol de Naëco pour réveiller la nature endormie. A cet instant précis les fées entraient en scène, dans une danse somptueuse et magique, répandant leur poussière de rêve sur tout ce qui vivait à Naëco ! Sur leur passage, les bourgeons des arbres et des plantes commençaient à poindre, les licornes se réveillaient et resplendissaient de milles feux ! Les fleurs sortaient du sol en perçant la neige mourante et tapissaient le sol des prairies de mille et une couleurs ! A chaque changement de saison, Woan se levait avant le soleil pour ne pas manquer ce merveilleux spectacle ; et chaque fois il oubliait qu'autour de lui la guerre faisait rage.
La guerre ! C'était aussi pour cela qu'il s'était levé à l'aube. Il avait dû se mettre en route très tôt ce matin. Il était appelé par le roi Alsarus, qui avait signé, en personne, le parchemin que Woan avait reçu deux jours plus tôt. Le jeune garçon n'en revenait pas ! Le roi ne s'était pas exprimé de lui-même depuis un temps qui semblait une éternité et voilà que lui, modeste fils de charpentier, recevait en main propre un courrier officiel signé de sa main ! Woan se posait une avalanche de questions auxquelles personnes pouvait lui répondre. Que lui voulait le roi ? Pourquoi était-ce si urgent ? Pourquoi avait-il exigé que Woan voyage seul et qu'il emprunte le sentier à travers la forêt de Naëco ? Son père avait alors parlé avec colère et justesse :
- « Ce n'est que pure inconscience de faire traverser seul un enfant, fraîchement sortit de l'Académie, la forêt de Naëco !... Mais tel est l'ordre que t'as donné le roi Alsarus lui-même. Tu dois obéir et accepter sa requête sans réfléchir et ainsi honorer ta famille. Va mon fils, je t'accompagne de toute ma confiance et mon amour ! » Sa mère s'était alors réfugiée dans la cuisine pour pleurer...
C'était la première fois que Woan se rendait au château. Il était fier et intrigué. Le roi n'avait rencontré personne, hormis Nilrem, depuis 20 ans...
« Alsarus le valeureux » était un bon roi. Son autorité était grande mais son c½ur était bon. Il avait su protéger son royaume et son peuple et lui garantissait gîte et couvert en temps de guerre. L'histoire, ou plutôt la rumeur, circulait que si plus personnes ne voyait le roi c'est qu'il était gravement malade et que la mort lui préparait son lit funèbre. Le peuple de Naëco vivait dans la crainte de perdre leur souverain et ainsi entrer dans une période de chaos politique. Alsarus n'avait pas d'héritier !