Le silence suivant la scène était étourdissant ! Seul le rire narquois de Hénes tranchait La lourde atmosphère. Tout à coup, deux minuscule points lumineux apparurent au beau milieu du champs de bataille. Les yeux du maudit s'écarquillèrent de surprise, intrigué par cette apparition soudaine. Les points s'approchèrent tournoyant autour de lui. Hénes essayait de les chasser comme s'il s'agissait de petits insectes en poussant de petit cris de crainte, quand un éclair de lumière blanche frappa le champs de bataille. Un homme et une femme était alors debout devant lui sortant de nulle part. L'assistance était éberluée. Le couple était resplendissant de beauté et de pureté. Tous deux arboraient des ailes magnifiques sur leur dos telles de libellules bleues. Les traits de soleil qui perçaient à travers les arbres filtraient les ailes du couples faisant apparaître ainsi une pluie de poussière de méthylène. La femme avait de long cheveux roux lâchés à la liberté du vent et coiffés d'une tiare tressée dans du bois d'ébène. Elle portait une tunique en feuille d'or courte et une cape se déroulant sur des jambes parfaite à la mode romaine. Lui était tout aussi étincelant ! Ses cheveux blonds tranchaient avec la couronne d'ébène sertie d'un rubis rouge. Il portait des braies en argent et une fine côte de maille en mythril. Sa tenue révélait une silhouette parfaite habituée à l'épreuve physique. L'homme leva le bras et désigna Hénes. Il lui suffit de claquer des doigts pour que le maudit disparaisse dans un nuage de fumée noire. Nilrem s'approcha d'eux, mit un genou à terre et les salua comme on salut un couple royal :
« Majestés recevez mes hommages ! » Les soldats, assistants à cette scène incroyable, eurent un moment d'hésitation et tous saluèrent à leur tour le couple impérial. Nilrem se leva et présenta solennellement :
« Vous êtes en présence de l'empereur Slin et de l'impératrice Saya ! Empereur des fées, maître de la nature et de la magie ! » Il y eu un mouvement d'admiration puis un soldat se cria :
« Il à vaincu Hénes ! Vive à l'empereur Slin !
- Ne vous réjouissez pas. L'heure n'est pas encore à l'euphorie. Hénes à juste été renvoyé sur ses terres. Il sera dans le brouillard encore quelque jours mais c'est tout. Je n'ai hélas pas le pouvoir de le détruire par magie. Le seul avantage que je possède et que lui aussi ne le peut pas et qu'il m'est redevable ! »
Le silence retomba aussitôt. L'impératrice avança alors vers le roi Alsarus. Elle passa une main sous la nuque du monarque et posa l'autre sur son c½ur. L'impératrice murmura des phrases inaudibles dans un langage inconnu, son regard se perdit. Ses yeux si vert se révulsèrent, l'impératrice Saya ouvrit la bouche et un immense halo de lumière s'échappa d'entre ses lèvres. Cette lumière était si intense que personne ne pût maintenir le regard. Les yeux se baissèrent, les oiseaux s'envolèrent et tout à coup tout se tût ! Un brouillard épais et noir comme une nuit sans étoile prit possession de la forêt. Plus aucun rais de lumière ne transperçait le feuillage chargé de la forêt. La nature alentour était morte ! Puis petit à petit, le décor réapparût tranche par tranche. Le brouillard était aspiré ! Au bout de quelques secondes, les silhouettes se distinguaient et les hommes s'aperçurent que l'impératrice avalait le brouillard ! Comme si elle se nourrissait de tout le mal que la terre venait de subir ! Quand Saya eu finit son étrange repas elle s'écroula de fatigue, la tête baissée, les poings enfoncés dans la terre. Son époux s'approcha d'elle et l'épaula pour l'aider à se relever. Tout était revenu à la normale, à une exception prés ; le roi Alsarus avait disparu !
L'impératrice leva alors la tête et un cri de stupéfaction s'éleva dans l'air... Son regard était vide, son iris avait disparu ! Seule restait son orbite blanche injectée de sang ! Elle s'adressa alors au peuple des woks d'une voix qui n'était pas la sienne. Une voix rauque, grave, caverneuse... irréelle !
« Soyez maudits peuple Woks ! La trahison est un parjure impardonnable. Dans la seconde vos pieds brûleront au contact du sol, plus aucun aliments ne sera comestibles. Votre seule nourriture sera le sang du 1er jeune homme passant dans la forêt le 1er jour du printemps ! Durant cette seule journée vos pieds pourront fouler cette terre ! Seul le porteur de paix vous délivrera de cette malédiction si toutefois vous lui faites serment d'allégeance ! » Elle leva le bras et à la seconde des flammes jaillirent sous les pieds des woks. Une odeur de chair brulée s'éleva dans l'atmosphère en même temps que les cris des pauvres créatures. Les Woks sautèrent tous sur l'arbre le plus proche et regardèrent le morbide spectacle. Le corps de leur maudit chef brûlait tel un brasier. Ainsi mourut « Patatrok le fou » sans aucune reconnaissance et avec pour seuls regards ceux de son peuple soulager de perdre un tyran.
Lorsque le brasier s'éteignit, Saya prononça de sa voix irréelle :
« La prophétie est désormais annoncée ! Cachée tel un trésor seul Alsarus et Le Maudit sont aptes à la découvrir ! » Elle baissa la tête et la releva. Son visage avait retrouvé toute sa beauté et sa quiétude. Elle s'agenouilla de fatigue et l'empereur Slin dû la soutenir à nouveau. Un moment passa avant que L'impératrice Saya retrouva son énergie. Nilrem s'approcha alors lentement du couple impérial et hasarda de questionner Saya :
« Majesté ? Pardonnez mon arrogance mais une angoisse effroyable m'envahit... Dites-moi... Notre roi...
- Que votre angoisse soit apaisée professeur. Alsarus est sain et sauf ! Il vous attend dans sa chambre royale. Nilrem ?
- Oui majesté !
- Vous êtes désormais le leader de cette armée et le bras droit de votre roi. Vous seul avez le droit de voir Alsarus et le pouvoir de donner ce privilège à un cercle de confiance. Vous comprendrez mes mots très bientôt. » Sur ces mots, l'éclair blanc envahit une seconde fois le champs de bataille et l'assistance regarda les deux points de lumière d'or s'éloigner lentement.


